La zakât en Islam

La Zakât en Islam

Résumé du sermon du vendredi 7 août 2026 (24 Safar 1448 H) — Cheikh Boureima Abdou Daouda

Louanges à Allah Seigneur de l'Univers qui a dit dans Son Puissant et Inattaquable Livre :

﴿ خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِمْ بِهَا ﴾ [التوبة : ۱۰۳]

« Prélève de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les élèves en degré ». (Sourate 9, verset 103).

J'atteste qu'il n'y a point de divinité digne d'adoration hormis Allah, l'Unique, sans associé. À Lui appartiennent la royauté et la louange, et Il est Omnipotent. Il a créé toute chose, puis l'a déterminée avec une parfaite mesure. Il a établi Ses prescriptions avec une sagesse infinie, afin d'éclairer les créatures et de leur montrer la bonne voie. Ainsi, Il a institué dans les biens des riches un droit au profit des pauvres, des nécessiteux et des autres catégories de bénéficiaires, grâce auxquels se réalisent les intérêts de la religion et de la vie terrestre.

Et j'atteste que Mouhammad est Son serviteur et Son Envoyé, celui qui a dit à Mou'âz lorsqu'il l'envoya au Yémen :

« فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً فِي أَمْوَالِهِمْ تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ وَتُرَدُّ عَلَى فُقَرَائِهِمْ » [متفق عليه]

« Informe-les qu'Allah leur a prescrit une aumône obligatoire sur leurs biens, qui est prélevée sur les riches parmi eux et redistribuée à leurs pauvres ». (Rapporté par Al-Boukhâry et Mouslim).

Que les prières, le salut, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur lui, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons. Cela dit, le titre de ce sermon est : « La Zakât en Islam ». Qu'Allah nous conforme à son bon traitement !

1. Un pilier fondamental de l'Islam

Chers frères et sœurs en Islam, comme vous le savez, l'Islam est bâti sur cinq piliers fondamentaux dont la Zakât fait partie. L'Islam a instauré cette Zakât pour lutter contre la pauvreté et garantir aux couches sociales faibles leur dignité et leur honneur. Et l'Islam n'a pas prescrit cette charité appelée Zakât de façon superficielle et facultative. Au contraire, il a imposé à travers les textes du Noble Coran et ceux de la Sounnah du Prophète une portion bien déterminée des biens en nature ou en espèce, qui doit être prélevée sur les possessions des riches pour être destinée aux couches démunies de la société.

L'Islam va plus loin en faisant de cette portion matérielle un des cinq piliers fondamentaux de l'Islam, traite de mécréant quiconque renie son obligation et combat quiconque refuse de la donner parmi les musulmans qui en remplissent les conditions d'imposition. Il s'agit de la Zakât obligatoire prescrite par Allah le Très-Haut à travers le Noble Coran et qui n'incombe qu'aux musulmans qui remplissent un certain nombre de conditions d'aisance matérielle.

Parole d'Abou Bakr Aç-Çiddîq (qu'Allah l'agrée) :
Abou Bakr Aç-Çiddîq a combattu ceux qui refusaient de payer la Zakât, et a prononcé sa parole célèbre : « Par Allah, je combattrai quiconque fait une séparation entre la prière et la Zakât ! Car la Zakât est le droit prélevé sur les biens. Par Allah, s'ils me refusaient un seul chevreau qu'ils s'acquittaient du temps du Messager d'Allah (prière et salut d'Allah sur lui), je les combattrais pour ce refus ! » (Rapporté par Al-Boukhâry et Mouslim).

2. Mises en garde et châtiment de l'abandon de la Zakât

Chers frères et sœurs en Islam, Allah a menacé d'un châtiment douloureux quiconque refuse de s'acquitter de la Zakât de ses biens, en disant :

﴿ وَوَيْلٌ لِلْمُشْرِكِينَ ۝ الَّذِينَ لَا يُؤْتُونَ الزَّكَاةَ وَهُمْ بِالْآخِرَةِ هُمْ كَافِرُونَ ﴾
« Et malheur aux polythéistes qui n'accordent (ne donnent) pas la Zakât et qui ne croient pas à l'au-delà ».
— Sourate 41 (Foussilat), versets 6-7.
﴿ وَالَّذِينَ يَكْنِزُونَ الذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ وَلَا يُنْفِقُونَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَبَشِّرْهُمْ بِعَذَابٍ أَلِيمٍ ۝ يَوْمَ يُحْمَى عَلَيْهَا فِي نَارِ جَهَنَّمَ فَتُكْوَى بِهَا جِبَاهُهُمْ وَجُنُوبُهُمْ وَظُهُورُهُمْ هَذَا مَا كَنَزْتُمْ لِأَنْفُسِكُمْ فَذُوقُوا مَا كُنْتُمْ تَكْنِزُونَ ﴾
« À ceux qui amassent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le sentier d'Allah, annonce un châtiment douloureux. Le jour où ces trésors seront portés à l'incandescence dans le feu de l'Enfer et qu'on en cautérisera leurs fronts, leurs côtés et leurs dos (en leur disant) : "Voici ce que vous thésaurisiez pour vous-mêmes. Goûtez de ce que vous thésaurisiez" ».
— Sourate 9 (At-Tawbah), versets 34-35.

Selon Abou Hourayrah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah (prière et salut d'Allah sur lui) a dit : « Tout propriétaire d'un trésor qui ne s'acquitte pas de sa Zakât verra son trésor prendre la forme, au Jour de la Résurrection, d'un serpent mâle très venimeux et chauve qui l'enserrera par ses deux mâchoires en disant : "Je suis ton trésor, je suis tes biens" » (Rapporté par Al-Boukhâry et Mouslim).

3. Les bienfaits de la Zakât et les périls de son refus

Chers frères et sœurs en Islam, tout bien dont la Zakât a été acquittée fait sortir son propriétaire de ces menaces divines. Sachez que la Zakât fait fructifier les biens, les bénit, les purifie et les protège contre le malheur et les calamités, sans compter la récompense d'Allah réservée à ceux qui prélèvent la Zakât et aident les pauvres.

En revanche, le refus de s'acquitter de la Zakât entraîne de graves préjudices. Parmi eux figure la privation de tous les bienfaits qui découlent de son acquittement. Il expose également les biens à la perte et à la destruction. Dans un récit rapporté par Al-Bazzâr d'après 'A'ichah (qu'Allah l'agrée), le Prophète (prière et salut d'Allah sur lui) a dit :

« مَا خَالَطَتِ الزَّكَاةُ مَالًا قَطُّ إِلَّا أَهْلَكَتْهُ »

« Jamais la Zakât ne s'est mêlée à un bien sans le détruire ».

Et aujourd'hui, vous voyez et vous entendez les calamités qui frappent les biens et les anéantissent : incendies, noyades, pillages, vols, spoliations, guerres, pertes financières et faillites. Vous voyez également les fléaux qui atteignent les récoltes, les détruisant complètement ou en diminuant considérablement la production.

4. Les huit catégories de bénéficiaires

Allah le Très-Haut a défini clairement les huit catégories d'ayants droit dans le Noble Coran :

﴿ إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ وَالْعَامِلِينَ عَلَيْهَا وَالْمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وَفِي الرِّقَابِ وَالْغَارِمِينَ وَفِي سَبِيلِ اللَّهِ وَابْنِ السَّبِيلِ فَرِيضَةً مِنَ اللَّهِ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ ﴾
« Les Çadaqât (Zakâts obligatoires) ne sont destinés qu'aux Fouqara' (pauvres), aux Masâkîn (indigents), à ceux qui y travaillent, à ceux dont les cœurs sont à gagner (à l'Islam), à l'affranchissement des jougs, à ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d'Allah (aux Moudjâhidoûn ou combattants pour défendre le pays et la Religion), et au voyageur (en détresse). C'est un décret d'Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage ».
— Sourate 9 (At-Tawbah), verset 60.

5. Biens soumis à la Zakât et leurs seuils d'imposition (Niçâb)

Pour prélever la Zakât, il y a deux conditions fondamentales :

  • Al-Hawl : La possession du bien pendant une année lunaire révolue.
  • An-Niçâb : Le seuil d'imposition minimum que doit atteindre le bien.

1) Grains et fruits (Récoltes)

Le Niçâb est de 5 Awsouq (équivalant à 618 kg).

  • 10 % : Si l'arrosage est naturel (pluie, sources, cours d'eau).
  • 5 % : Si l'arrosage nécessite du travail et du capital (mécanisé/irrigué).

2) L'or, l'argent, la monnaie et les bijoux

  • L'or : Niçâb de 20 dinars (85 grammes). Taux : 2,5 % (1/40).
  • L'argent (métal) : Niçâb de 5 Awâq (595 grammes). Taux : 2,5 % (1/40).
  • La monnaie (billets de banque) : Valeur équivalente à 85 g d'or ou 595 g d'argent. Exemple : si le gramme d'or vaut 10 000 F CFA, le Niçâb est de : 85 x 10 000 = 850 000 F CFA.
  • Les bijoux en or et en argent :
    • Avis de la majorité (Écoles Malikite, Chafi'ite, Hanbalite) : Les bijoux destinés uniquement à la parure personnelle licite de la femme sont exemptés de la Zakât.
    • Avis de la minorité (École Hanafite) : Les bijoux sont soumis à la Zakât de 2,5 % dès qu'ils atteignent le Niçâb et qu'une année lunaire s'est écoulée.
    • Cas d'obligation unanime : La Zakât devient obligatoirement due à 2,5 % si les bijoux sont destinés au commerce/épargne ou en cas d'extravagance manifeste.

3) Les marchandises commerciales (Stocks)

La valeur globale des marchandises en stock est calculée à la fin de l'année lunaire : si elle atteint le Niçâb de l'or ou de l'argent, la Zakât y devient obligatoire au taux de 2,5 % de sa valeur.

4) Le bétail en pâturage libre

a) Les chameaux (Camelins) — Seuil minimum : 5 chameaux

De À Zakât due
591 brebis (femelle du mouton)
10142 brebis
15193 brebis
20244 brebis
25351 chamelonne d'un an (Bint MakhâD)
36451 chamelonne de deux ans (Bint Laboûn)
46601 chamelonne de trois ans (Hiqqah)
61751 chamelonne de quatre ans (Jadha'ah)
76902 chamelonnes de deux ans
911202 chamelonnes de trois ans
1211603 chamelonnes de deux ans

Au-delà de 120 chameaux : pour chaque tranche supplémentaire de 40 chameaux, 1 chamelonne de 2 ans est due ; pour chaque tranche supplémentaire de 50 chameaux, 1 chamelonne de 3 ans est due.

b) Les vaches (Bovins) — Seuil minimum : 30 vaches

De À Zakât due
30391 génisse ou veau d'un an (Tabî' ou Tabi'ah)
40591 génisse de deux ans (Mousinnah)
60692 veaux d'un an
70791 génisse de deux ans et 1 veau d'un an
80892 génisses de deux ans

Au-delà : pour chaque tranche de 30 vaches, 1 veau d'un an est dû ; pour chaque tranche de 40 vaches, 1 génisse de deux ans est due.

c) Les moutons et chèvres (Ovins et Caprins) — Seuil minimum : 40 têtes

De À Zakât due
401201 brebis ou chèvre
1212002 brebis
2013993 brebis
4004994 brebis

Au-delà de 400 têtes : 1 brebis supplémentaire pour chaque centaine de têtes.

6. Conseils d'application & Recommandations de la Charî'ah

Chers frères et sœurs en Islam, le but de notre religion n'est nullement d'appauvrir les riches ni de perpétuer la dépendance des besogneux. Au contraire, l'Islam vise à éradiquer la pauvreté à travers la Zakât. Une fois prélevée, cette valeur n'appartient plus au riche : elle devient la propriété exclusive d'Allah, dévolue de droit aux pauvres. À ce titre, elle doit être distribuée conformément aux objectifs globaux de la Charî'ah.

Il convient donc d'éviter d'émietter (morceler) la Zakât en sommes dérisoires. Si un riche prépare par exemple un million de francs CFA, le donner par petites coupures à des dizaines de personnes ne leur profitera que très peu, au point que certains s'endettent parfois en transports pour venir chercher cette modique somme ! Au contraire, le riche gagnerait à distribuer ce montant à deux ou trois personnes motivées, leur permettant ainsi de lancer un commerce autonome. C'est précisément l'orientation du deuxième Calife bien guidé, 'Oumar ibnoul Khattab (qu'Allah l'agrée), qui recommandait : « Lorsque vous donnez (la Zakât), enrichissez le pauvre (أَغْنُوهُمْ) », c'est-à-dire assurez-lui une part suffisante pour qu'il sorte durablement du besoin. Ainsi, avec la grâce d'Allah, le pauvre d'aujourd'hui pourra devenir le préleveur de Zakât de demain !

Enfin, la règle fondamentale veut que la Zakât soit distribuée prioritairement aux ayants droit de la localité même où les biens sont situés, afin de renforcer la solidarité locale, sauf en cas d'absence totale de pauvres sur place ou de besoin plus urgent ailleurs.

Par ailleurs, mes chers frères et sœurs, il convient d'attirer votre attention sur une erreur fréquente : certains fidèles calculent la Zakât de leurs biens en argent, mais choisissent de la transformer eux-mêmes en produits vivriers (sacs de céréales) ou en marchandises avant de la distribuer aux nécessiteux. Sachez que cette pratique n'est pas valable en Islam. Le prélèvement de la Zakât est un acte d'adoration strict ; par conséquent, il est de notre devoir d'apprendre comment l'accomplir selon les règles établies, sans rien y substituer de notre propre chef. Qu'Allah nous accorde la juste compréhension de notre religion et accepte nos œuvres !

📌 NOTE IMPORTANTE : Les biens exemptés de l'attente d'une année (Al-Hawl)

En règle générale, la Zakât exige qu'une année lunaire entière (Al-Hawl) se soit écoulée sur les biens possédés. Cependant, la Législation islamique fait exception pour certains biens dont la Zakât doit être acquittée immédiatement dès leur perception ou leur obtention, sans attendre l'écoulement d'une année :

  1. Les grains et les fruits (Les récoltes) : Leur Zakât est prélevée le jour même de la moisson ou de la cueillette, conformément à la parole d'Allah le Très-Haut : « Et acquittez-en les droits le jour de la récolte ».
  2. Le Rikâz et les minéraux (Les trésors du sous-sol) : Le Rikâz (trésor enfoui datant de l'époque préislamique) est soumis à un prélèvement immédiat d'un cinquième (20 %) dès sa découverte. De même, les ressources minérales extraites de la terre sont soumises à la Zakât dès leur extraction.
  3. Le profit commercial et le croît du bétail (Le gain dérivé) : Les bénéfices réalisés en cours d'année dans le commerce, ainsi que les nouvelles naissances au sein du cheptel, n'exigent pas une année d'attente qui leur soit propre. Leur cycle suit celui du capital initial (le capital d'origine). Ils sont donc fusionnés avec les biens principaux et soumis à la Zakât en même temps qu'eux.

Chers frères et sœurs en Islam, voilà quelques points saillants relatifs à la Zakât en Islam. La prescription par Allah de ce pilier fondamental nous montre clairement que le musulman doit s'efforcer de rechercher l'aisance et la richesse licite. En effet, selon la règle juridique bien connue : « Ce dont le devoir ne peut s'accomplir que par son biais devient aussi un devoir ».

Dès lors, rechercher les moyens financiers devient nécessaire pour concrétiser ce pilier, accomplir la 'Oumra et le Hadj, car le parachèvement de l'Islam de quelqu'un va de pair avec le parachèvement des cinq piliers. Qu'Allah nous accorde une subsistance large pour prélever la Zakât, parachever notre foi et aider les autres. Qu'Allah nous bénisse et nous protège tous davantage ainsi que notre cher pays le Niger et son peuple !

Cheikh Boureima Abdou Daouda (Abou Tawfîq)

Auteur & Éditeur

www.cheikhboureimaabdoudaouda.com